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Et si la vraie force c'était d'avancer sans faire de bruit ?

  • il y a 11 minutes
  • 5 min de lecture

Infographie de l'article sur la force tranquille et le campagnol de la série Chuchotements intérieurs en Provence

Un jour, je me suis remise en question. On m'a fait comprendre que je n'étais pas assez rentre-dedans, et qu'à cause de ça, je passais à côté d'opportunités importantes pour ma carrière artistique.Et en y réfléchissant, je me suis rendu compte que nous vivons dans un monde qui applaudit le bruit. Ceux qui parlent fort, qui se montrent, qui racontent chaque étape de leur réussite, parfois même avant de l'avoir atteinte. On nous répète qu'il faut être visible, faire savoir qu'on existe. Et quelque part, on finit par croire que le seul moyen d'arriver au bout de ses idées et de ses rêves, c'est de faire du forcing, d'en faire toujours plus.Mais qu'en est-il quand on a un tempérament plus introverti(e), et que faire du bruit va à l'encontre de ce qu'on est vraiment ? Est-ce que ça veut dire qu'il est impossible d'atteindre des objectifs un peu ambitieux ?Je me suis longtemps posé la question : “Est-ce que ce que je construis a de la valeur si je le construis en silence ?”


Angie, artiste peintre, au côté de sa toile en court de réalisation dans son atelier

Ce que personne ne voit

Il y a une partie de mon parcours que je ne raconte presque jamais, tout simplement parce qu'elle ne se raconte pas bien. Depuis que je me suis (re)lancée dans ma créativité et dans la peinture, je passe par de nombreuses étapes. Je ne prends pas que de grandes décisions, il n'y a pas QUE des moments spectaculaires. Ce qui fait mon quotidien d'artiste, c'est plutôt des matins dans l'atelier (ou à mes débuts, la chambre qui me servait d'atelier) où rien ne fonctionne. Des toiles recommencées. Des heures passées à comprendre pourquoi une couleur ne réagit pas comme je le voulais. Des petits pas, invisibles, répétés, qui en fait ne feront jamais une belle histoire à publier.

Pendant des années, j'ai avancé comme ça. Sans annoncer ce que je faisais, sans savoir vraiment vers quoi je voulais aller, sans faire de bruit. Et je me suis souvent demandé si c'était une faiblesse. Si les autres, ceux qui occupent l'espace, avaient compris quelque chose que je n'avais pas compris.

Et puis j'ai commencé à travailler sur une nouvelle série : Chuchotements intérieurs en Provence.


Paysage estival de l'arrière-pays niçois, source d'inspiration de la série Chuchotements intérieurs en Provence
Photo Unsplash © Nellia Kurme

Trouver du sens là où on ne l'attend pas

Chuchotements intérieurs en Provence, c'est une série née pendant mes balades estivales dans ma région de l'arrière-pays niçois. Lors de ces marches presque méditatives, j'observais les paysages, je me racontais des histoires sur la vie des animaux qui y vivaient, je laissais simplement mon esprit divaguer. Et à chacune de ces balades, les mêmes questions finissaient par revenir. Ces questions existentielles qui surviennent dans les moments où on a besoin de changement (enfin, ça, c'est mon avis)… Pourquoi j'ai du mal à lâcher prise ? Qu'est-ce qui compte vraiment ? Est-ce que je suis à ma place ?


À force de marcher avec ces questions, j'ai fini par me remotiver en me créant des sortes de mantras pour sortir de ce tourbillon anxiogène. Et une fois ces réponses trouvées, je me suis dit qu'elles ne devaient pas être utiles qu'à moi. Parce qu'au fond, ce ne sont pas des réponses personnelles. Ce sont des rappels. Ces petites choses simples qu'on connaît tous, ces conseils qu'on a déjà entendus quelque part, mais qu'on oublie dans le rythme de nos vies un peu trop chargées.


C'est là que les animaux sont entrés en scène. Chacun de ceux que j'avais imaginés en balade portait, à sa façon, un de ces rappels. Comme s'ils en étaient les gardiens depuis toujours, et qu'il suffisait d'ouvrir l'œil pour les entendre. Neuf animaux, neuf rappels chuchotés, que j'ai eu envie de rendre visibles à travers la peinture.

Et parmi les différents rappels de la série, il y a cette notion de force tranquille…


Le tableau principal du campagnol messager de la force tranquille et ses deux petits formats peints par Angie
Les trois messagers de la force tranquille

Ce que j'ai fini par comprendre

Alors, comment répondre à cette question : Est-ce qu'on peut vraiment construire quelque chose de valeur quand on avance en silence ? Est-ce qu'un tempérament discret condamne à voir les autres décrocher les opportunités ?

À ces questions, deux réponses ont fini par émerger

La première : ce n'est pas la taille des efforts qui compte, c'est le fait de les faire. Un petit pas répété chaque jour construit plus qu'un grand geste qu'on ne fait jamais. Ce qu'on bâtit dans la régularité, dans le silence, dans l'invisible, finit toujours par exister. Personne n'a besoin de nous applaudir pendant qu'on le fait pour que ça compte vraiment.

La seconde : être là où on doit être, au moment où on doit l'être. Pas ailleurs, pas plus tard, pas dans la vie de quelqu'un d'autre. Occuper sa place, pleinement, avec ce qu'on est vraiment. La justesse aussi peut être discrète.


Tableau du campagnol messager de la force tranquille présenté en situation dans un intérieur

Le Messager de la force tranquille

Et parmi tous les animaux croisés dans l’imaginaire de mes balades, il y en a un qui, pour moi, incarne ces deux rappels mieux que tous les autres. Le campagnol.

Petit, discret, on ne le remarque pas au premier regard. Et pourtant, quand on prend le temps de l'observer, on découvre un être qui ne renonce à rien. Face à une grappe de raisin qui le dépasse largement en taille, il se dresse sur ses pattes arrière, tendu vers son objectif. Il ne se dit pas que c'est trop haut, trop gros, trop pour lui. Il tend vers ce qu'il veut, avec la conviction tranquille que c'est à sa portée à condition de continuer d'essayer.

Il ne fait pas de bruit, il n'annonce rien, il ne demande pas la permission. Mais il ne renonce pas non plus. Et sa force est là, tout entière, dans ce petit corps dressé vers plus grand que lui.


Angie posant à côté de son tableau Le campagnol messager de la force tranquille
Si le campagnol résonne avec votre histoire, écrivez-moi. J'aime beaucoup ces échanges autour des tableaux et de ce qu'ils réveillent.

Et vous, quelle est votre force tranquille ?

Si vous vous reconnaissez dans cette façon d'avancer, sans bruit, sans applaudissements, avec cette petite voix qui vous demande parfois si ça compte vraiment, alors le campagnol est peut-être votre messager à vous.Votre force tranquille n'a pas besoin d'être validée pour exister. Elle n'a pas besoin d'être vue pour être réelle. Elle a juste besoin que vous continuiez, à votre manière, à votre rythme, à tendre vers ce que vous voulez vraiment.Parce que quelle que soit la taille de votre grappe, et quelle que soit la vôtre, ce n'est jamais l'écart entre les deux qui décide. C'est votre décision de continuer à tendre.Je vous laisse avec ça.Prenez soin de vous.

Je vous laisse avec ça.

Prenez soin de vous


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