Et si la persévérance, c'était continuer même si on a l'impression que les résultats ne se font pas sentir ?
- 28 juin
- 6 min de lecture

Est-ce que vous vous êtes déjà dit que votre projet ne menait à rien parce que les résultats n'étaient pas au rendez-vous ? Ou bien encore, avez-vous déjà eu une idée qui vous semblait tellement juste et importante, mais qui pourtant donnait l'impression de ne pas s'aligner avec votre entourage ? À tel point que l'idée de tout abandonner vous a traversé l'esprit ?
Dans le dictionnaire, vous trouverez la définition du mot persévérance, sans difficulté. Il vous dira que la persévérance c'est rester constant dans ses efforts malgré les obstacles. Moi je dirais que c'est continuer à avancer même quand on ne voit pas encore où ça mène.
Moi, ça m'arrive souvent. En fait, je pense que ça m'arrive à chaque nouvelle idée artistique, ou presque. Et c'est exactement pour ça que j'avais envie d'en parler avec vous, ici dans cet article, et de vous partager les créations qui sont nées de ce sentiment. Alors, on y va ?

Quand les efforts ne suffisent plus...
On a tous eu un instant dans notre vie où on se lance dans des objectifs qui nous tiennent à cœur. Une construction/rénovation de maison, l'écriture d'un roman, ou monter sa propre activité pour pouvoir quitter son job et vivre de sa passion. Et peu importe que l'objectif final et la difficulté soit purement personnel ou professionnel, le constat est le même : on y met très souvent notre âme, notre sueur et surtout beaucoup de temps.
Au début l'investissement est de 100% et cela peut être comme ça pendant une long période. On avance, on construit, on a une mission à accomplir. Mais quand au contraire l'énergie que l'on fournit n'est pas à la hauteur des résultats attendus, la perte de motivation se fait sentir. Et la première question qu'on se pose au fond de nous c'est souvent "mais pourquoi je me suis lancée là-dedans" ou bien "est-ce que ça vaut le coup de continuer ?"

J'ai aussi failli abandonner ma passion
Moi par exemple, il y a plus de 7 ans, j'ai fait le choix de mettre la peinture au centre de ma vie. Genre le gros truc. Mon objectif ultime, c'est de vivre de l'art. Bon, est-ce que j'y suis arrivée aujourd'hui ? Pas encore. Mais vous savez quoi, je garde la foi en moi-même. Et même s'il m'arrive encore de douter, d'avoir des échecs, des problèmes à surmonter et de me demander si ça vaut vraiment la peine de continuer, je ne veux (peux) pas encore lâcher le morceau (je crois que ça s'appelle de l'obstination.^^).
Du coup à chaque fois que cette question me rencontre, je repense aux différentes épreuves que j'ai traversé. Je remarque que peu importe la situation "en vrai, j'avance quand même un peu". Pas à grands pas, pas en courant ou en me tapant un spint,et certainement pas de façon spectaculaire. Mais chaque fois, je vais un peu plus loin. J'ai vu mon travail évoluer, mes idées et la qualité de mes sujets s'enrichir au cours de ces années.
D'ailleurs, c'est dans un de ces moments de doute, en me demandant comment faire pour ne rien lâcher, que j'ai pensé à un des messages que je voulais faire passer dans ma série "Chuchotements intérieurs en Provence" en parlant de la persévérance.
« Continue ton chemin même dans le doute, tu construis quelque chose. » (citation des messagères de la persévérance)

Quand la persévérance rencontre l'univers de l'apiculture
Et c'est tout ça, et notamment cette remise en question existentielle, qui a donné naissance aux tableaux « Messagère(s) de la Persévérance » de la série "Chuchotements intérieurs en Provence". Mais sous deux formes bien précises.
En choisissant l'abeille, synonyme de cette prise de conscience, je voulais symboliser quelque chose qui me parlait profondément : leur persévérance. Parce que dans cet organisme si complexe, chaque abeille a un rôle, une mission qu'elle suit coûte que coûte. Sans se poser de questions. Sans attendre les applaudissements. Elle butine, elle construit, elle contribue. Jour après jour, sans jamais se demander si ça vaut la peine. Et quelque part, je trouve ça extraordinaire. Cette communauté me fascine et m'inspire énormément.
Alors forcément, ça m'a donné deux points de vue différents à traiter dans mes tableaux.

Il y a d'abord "Messagère de la persévérance - Le butinage". Celle-là, elle parle de la persévérance solitaire. Celle qui ne vient que de soi. Qu'on va chercher dans ce qu'on a de plus profond : sa mission de vie, ses objectifs, ce qui nous anime vraiment. Parce qu'il y a des moments où on décide seul de continuer ou non. C'est ce moment-là que j'ai voulu capturer.

Et puis il y a "Messagères de la persévérance - L'œuvre collective". Parce que la persévérance, ce n'est pas toujours un chemin solitaire. Quand on est bien entouré, quand on a les bonnes personnes autour de soi, on ne peut qu'avancer. Les abeilles le savent mieux que quiconque : ensemble, elles construisent quelque avec ténacité et constance. Une action qu'aucune d'elles n'aurait pu faire seule. Et ça, ça me parle énormément.

Et concrètement, on fait quoi pour surmonter cet obstacle ?
Alors qu'est-ce qu'on fait quand on commence à se poser cette question : est-ce que je continue ou est-ce que j'arrête ?
Avant de vous donner les trucs que je me dis pour y répondre, je dois être honnête, il y a des idées qu'on abandonne, et parfois c'est très bien aussi. Parce que le doute c'est peut-être aussi le signal que ce chemin qu'on emprunte n'est plus le bon. Et ça, c'est aussi important de l'entendre.
Cela dit si au fond de vous il y a encore une minuscule petite voix qui se fait entendre, ça vaut peut-être le coup de pousser la réflexion et voir l'intérêt qu'il y a à continuer.
Alors voilà ce qui m'aide, moi.

Revenir à son pourquoi.
C'est probablement le conseil le plus importante selon moi. Pourquoi j'ai commencé cette idée ? Qu'est-ce qui m'a poussé à me lancer ? Parce que quand le doute arrive, c'est souvent parce qu'on a perdu de vue ce qui nous a mis en mouvement au départ. Reprendre contact avec cette intention première, ça recentre. Ça rappelle que les résultats ne sont pas la raison pour laquelle on fait les choses. Ils en sont la conséquence.

S'entourer du bon groupe de personnes.
Pas forcément des gens qui vont vous applaudir à tout moment. Mais un partenaire de projet ou un partenaire de vie des personnes qui comprennent ce que vous construisez, qui croient en vous même quand vous n'y croyez plus tout à fait. C'est exactement ce que les abeilles m'ont appris avec "L'œuvre collective". Seule on avance, mais bien entourée on avance mieux.

Célébrer les petites victoires.
Même celles que personne ne voit. Un paragraphe écrit, une pièce rénovée, un tableau terminé. Ce sont ces petits pas mis bout à bout qui font le chemin. Et si on attend les grands résultats pour se féliciter, on risque d'attendre longtemps.

Accepter que le chemin ne soit pas linéaire.
Il y a des périodes où tout avance vite, et d'autres où on a l'impression de faire du surplace. Ce n'est pas un signe qu'on a tort de continuer. C'est juste le rythme naturel de tout projet qui a du sens. Alors peut-être qu'une petite pause serait une aide à vous remettre sur pied.
Et puis parfois, il suffit juste de continuer. Sans trop réfléchir. Un pas après l'autre. Une erreur après l'autre. Parce que c'est souvent dans ces moments-là, les moments où on ne voit rien venir, que quelque chose est en train de se construire en silence.
Conclusion
La persévérance, ce n'est pas un talent qu'on a ou au contraire qu'on n'a pas. C'est une décision qu'on prend, et qu'on reprend, encore et encore. Et si aujourd'hui vous avez un plan qui sommeille, une envie que vous n'osez pas encore nourrir, peut-être que la vraie question ce n'est pas "est-ce que ça va finir par marcher ?" mais plutôt "est-ce que je veux essayer encore et encore jusqu'à y arriver ?"
Je vous laisse avec ça.
Prenez soin de vous
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